Le fort d’Andaye domine la baie de Txingudi. Il est positionné face à Fontarabie de telle façon qu’il lui montre une partie de son flan droit. Néanmoins, cette disposition permet à son armement d’atteindre la cité fortifiée et également le chenal d’entrée dans la Bidassoa, voire les navires s’approchant un peu trop de la côte, en baie du Figuier. Batterie Haute et mortiers La batterie haute, domine la batterie basse de 6 mètres et d’une dizaine de mètres la surface de la Bidassoa. Par ses quatre mortiers, elle est un danger permanent pour la cité de Fontarabie elle-même. En effet, les mortiers, armes lourdes, permettent d’envoyer des bombes (boulets remplis de poudre) avec une trajectoire parabolique. Une action dangereuse pour l’intérieur de la cité fortifiée, les bombes passant par-dessus les remparts et répandant feux et destructions, dans la mesure ou la mèche enflammée a la longueur adéquate. Les quatre mortiers, grâce à leur pouvoir de nuisance ont réussit le plus souvent l’exploit, face aux 200 canons de Fontarabie, d’instaurer une paix armée, le risque de destruction étant trop aléatoire. Batterie basse et canons Pour sa part, la batterie basse est organisée pour permettre le fonctionnement de 6 canons de marine, posés sur un affût et non sur le mur. La plate-forme creusée dans la roche ne contenant que 4 canons, il a fallu rajouter un remblai de terre. Malheureusement dans les dernières années du 19ème siècle un épisode de pluie particulièrement long a déclenché un éboulement emportant cette partie de la batterie, ne laissant à la vue ce que, pendant longtemps, de nombreuses personnes ont pris pour un reste de tour du fort. Un canon de marine, le même modèle qui officie sur les vaisseaux du roi, implique la présence de 12 hommes. Soit, ici, au total, 72 personnes appartenant à des compagnies de canonniers invalides venus pour l’occasion de Bayonne, des barils de poudre stockés auparavant dans la grotte naturelle située en fond d’un édifice adossé au mur, des pyramides de boulets et des barils d’eau pour refroidir les canons. En fond gauche de la batterie, les plans d’époque indiquent une boulangerie, ce qui nous laisse perplexe, car d’une part, l’endroit nous parait inapproprié et d’autre part, nous avons trouvé dans les archives une commande de pain mensuelle aux cuisines militaires de Bayonne. Après avoir étudié les types de munitions utilisées, il semble que cet édifice équipé d’un four, servait à chauffer au rouge les boulets et en faire une arme redoutée de toutes les marines du monde du fait de leur pouvoir à enflammer les navires. Ce qui ne devait pas empêcher nos canonniers, de faire réchauffer quelques miches… Entre cette boulangerie et la poudrerie, étant donné les déclivités, les accès par les escaliers et les pièces enchâssées dans le mur, il devait y avoir une grue permettant de manutentionner les canons et les paquets lourds. Ces canons de la batterie basse, tirant des boulets soient normaux, chauffés au rouge ou reliés deux par deux par une chaîne étaient un danger permanent pour les navires espagnols marchands ou militaires naviguant sur la Bidassoa. Fontarabie a essayé d’annihiler cette menace par bien des moyens. Le maire de la municipalité a usé de ses prérogatives demandant une fois le déplacement de la poudrerie sous la sacristie où elle aurait la protection divine mais plus sérieusement écrivant au Roi d’Espagne à plusieurs reprises, et, surtout, en 1793, au Général Ventura Caro, commandant les troupes espagnoles, de détruire le fort et la ville de Hendaye, la « cité du diable », abritant des ateliers de fabrication de fausse monnaie espagnole.