Une fois l’autorisation de pénétrer acquise, le tunnel sous le logement du gouverneur, le pont dormant et le pont levis franchis, on débouche sur le réduit, cette place étroite entourant le donjon. Ce donjon, anachronique dans un ouvrage construit dans la seconde partie du 17ème siècle a la forme des « casas torres » que l’on retrouve en Navarre, par exemple à Etxalar ou Lesaka. Il est composé d’un sous-sol et de deux étages avec 6 pièces séparées par un couloir. S’y abritent des réserves, l’armement et les habitations des gradés. La terrasse, lieu privilégié pour observer tant Fontarabie que l’entrée de la Bidassoa ou la baie du Figuier, est susceptible de comporter, selon les époques, une réserve ou des canons. Nous faisons l’hypothèse qu’il s’agit, améliorée, de l’ancienne tour de défense mise en service en août 1664 selon la volonté de Louis XIV. Aujourd’hui les fondations de cet édifice sont recouvertes par le revêtement du parking dit du Vieux Fort.
L’anachronisme de ce donjon dispute sa modernité. En effet, les travaux d’amélioration ou de maintenance sont soumis à appels d’offres et il est doté d’un système de récupération et de filtration d’eau de pluie respectant les écrits de Vauban.
Face à la dépression abritant le port du Bas-quartier, le donjon est doté d’une caponnière, édifice permettant aux défenseurs de prendre en enfilade les éventuels assaillants ayant réussi à prendre pied dans le réduit. Elle excite les imaginations car les relevés cartographiques des espions espagnols y signalent, en vieil espagnol, une « sortida secreta », peut-être un souterrain permettant d’accéder, à couvert, au port et à l’embarcation permettant de faire des patrouilles sur la Bidassoa.
Le réduit traversé nous pouvons soit accéder à la batterie haute et ses mortiers craints par Fontarabie, soit par un tunnel et un escalier à la batterie basse située en contrebas. La partie haute du fort est entourée protégée sur trois côtés de 120 m (60 toises) par un rempart à l’intérieur duquel court un chemin couvert. Il est composé d’un mur de 7.5m de hauteur, en terre et pierraille, recouvert à l’extérieur (la contrescarpe) de pierres de taille à la demande d’un Louis XIV sensible à l’aspect esthétique, d’autant plus, pour un ouvrage situé face à l’Espagne et la mythique Fontarabie. Le dessus est aménagé en banquettes engazonnées destinées à protégé les soldats. Une centaine de postes de tirs peuvent être disposés. Autour de ces fortifications, s’étend un fossé de 3.50m de hauteur et 17m de large et une plaine herborisée, le glacis, à la pente mathématiquement étudiée afin que la trajectoire des boulets aille se perdre au-delà de l’édifice. Côté est, aujourd’hui le cimetière, le glacis laisse la place à un jardin potager, afin de respecter le règlement alimentaire s’appliquant aux Invalides. Mais cheminons dans le réduit pour atteindre le tunnel nous amenant à l’escalier descendant vers la batterie basse
